Personnalité : L’abbé pierre

Annonce du déces de l’abbé pierre …Adieu

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Décès de l’abbé Pierre

Posted by Océane on 22nd janvier 2007

Henri Grouès, dit l’abbé Pierre, né le 5 août 1912 à Lyon, mort le 22 janvier 2007 à Paris [1],[2] à l’âge de 94 ans des suites d’une infection du poumon droit, était un prêtre catholique français, résistant et ex-politicien député, fondateur en 1949 des Compagnons d’Emmaüs, une organisation caritative laïque destinée à aider les pauvres et les réfugiés et de la Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés pour les Sans Domicile Fixe (SDF). Il était traditionnellement en tête durant de nombreuses années des sondages sur les classements des personnalités préférés des Français.

Biographie

Henri Grouès est né le 5 août 1912 dans une famille bourgeoise aisée et pieuse de soyeux lyonnais, originaire, du côté paternel, de la vallée de l’Ubaye dans les Alpes-de-Haute-Provence, et de Tarare dans le Rhône du côté maternel. Il est le troisième de sept enfants. Il passe son enfance à Irigny, près de Lyon. À 12 ans, il accompagne son père à la confrérie séculaire des Hospitaliers Veilleurs, où les bourgeois se font coiffeurs barbiers pour les pauvres.

En 1928 à 16 ans, il veut entrer dans les ordres franciscain, cependant il devra attendre 17 ans et demi. À ce sujet il déclara « On me disait beau gosse, peut-être même un peu mondain, pourtant, le lendemain je serai moine. »

Entrée dans les ordres

En 1931, il est ordonné chez les capucins ou il prononce les vœux. En religion, Henri Grouès devient frère Philippe. En 1932, il entre au cloître au couvent de Crest. Il est ordonné prêtre en 1938. En avril 1939, il devient vicaire à Grenoble.

Seconde Guerre mondiale

Il est mobilisé comme sous-officier dans le régiment du train des équipages, en décembre 1939, au début de la Seconde Guerre mondiale.

Selon certains écrits le concernantréf. nécessaire, il aurait été impliqué dans l’aide aux juifs pourchassés par les nazis : « En juillet 1942, deux juifs pourchassés lui demandent de l’aide. Il découvre alors les persécutions et s’engage immédiatement, apprend à faire les faux papiers. Dès août 1942, il commence à faire passer des juifs en Suisse. » Cependant, ces affirmations n’ont pas été corroborées par des témoignages authentifiés.

Il participe à la création de maquis dans le massif du Vercors et le massif de la Chartreuse.

Il aide les réfractaires au Service du Travail Obligatoire (STO). Il prend le nom d’Abbé Pierre dans la clandestinité. En 1944, il passe en Espagne puis rejoint Charles de Gaulle à Alger.

Il devient une figure importante de la Résistance.

Carrière politique

Après la guerre, il est député de Meurthe-et-Moselle aux deux Assemblées nationales constituantes (1945-1946), comme indépendant apparenté au Mouvement Républicain Populaire (MRP) de résistants démocrates-chrétiens puis à l’Assemblée nationale de 1946 à 1951, où il siège au groupe MRP.

En 1947, il est vice-président de la Confédération mondiale, mouvement fédéraliste universel (mondialisation démocratique). Avec Albert Camus et André Gide, il fonde le comité de soutien à Garry Davis, citoyen du monde.

Fondation d’Emmaüs

Il fonde en 1949 l’association des Compagnons d’Emmaüs (en référence à un épisode des évangiles Emmaüs) d’aide aux déshérités, particulièrement aux sans-abris. Il commence ainsi dès 1950 par fonder la communauté d’Emmaüs Neuilly-Plaisance.

Les communautés Emmaüs se financent par la vente de matériels et d’objets de récupération et construisent des logements. C’est une organisation laïque.

Sportif et athlète de bon niveau, il n’hésitera pas à faire des plongeons spectaculaires pour attirer l’attention du public et des médias.

En 1952, il participera au jeu « Quitte ou double » pour alimenter financièrement son combat, où il gagnera 254 000 francs.

Hiver 54

L’abbé Pierre acquiert sa notoriété à partir du très froid hiver de 1954, meurtrier pour les sans-abris pour une « insurrection de la bonté ». « Il y a cinquante ans, tous sortaient à peine des atrocités de la guerre. Tous avaient dû fuir, chacun se sentait proche des réfugiés. Les gens se rappelaient la souffrance et la peur. Ils étaient davantage prêts à réagir. Mais on ne renouvelle pas des faits historiques comme celui-là. »

Il lance le 1er février 1954 un appel sur les antennes de Radio-Luxembourg (RTL) : « Mes amis, au secours… Une femme vient de mourir gelée cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard de Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l’avait expulsée. Devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre les hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous en prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l’âme commune de la France, merci ! Chacun de nous peut venir en aide aux sans-abri. Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain : 5 000 couvertures, 300 grandes tentes américaines, 200 poêles catalytiques. Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse, ne couchera ce soir sur l’asphalte ou les quais de Paris. Merci. » Le lendemain, la presse titra sur « l’insurrection de la bonté ». L’appel rapportera 500 millions de francs en dons.

Le 23 mars il fonde les Compagnons d’Emmaüs, communauté de chiffonniers qui construisent des logements pour les sans-abri.

Réforme de la doctrine de l’Église

En 2005, dans son livre Mon Dieu… pourquoi ?, rédigé avec Frédéric Lenoir, il déclare qu’il a eu des relations sexuelles alors qu’il était tenu par son vœu de chasteté. Aucune de ses relations n’a duré, car il était tiraillé entre son désir et son vœu de célibat. À ce sujet, il se prononce pour une réforme de la doctrine de l’Église en faveur de l’ordination des hommes mariés. Et ne comprend pas l’opposition des papes Jean-Paul II et Benoît XVI, l’ordination des hommes mariés étant autorisée par l’Église dans certains rites orientaux et chez les chrétiens protestants. En outre, il voit dans cette autorisation un moyen de lutter contre la pénurie de nouveaux membres de l’Église.

Il se prononce également pour l’ordination des femmes et ne s’oppose pas à l’homoparentalité, à condition que les enfants ne subissent aucun préjudice psychologique ou social et explique notamment son opinion sur le fait « qu’un modèle parental classique n’est pas nécessairement gage de bonheur et d’équilibre pour l’enfant ». Mais il se déclare contre le mariage et préfère y substituer une « alliance » homosexuelle. Car selon lui, le mariage homosexuel « créerait un traumatisme et une déstabilisation sociale forte ».

Image publique

L’image du grand barbu en soutane, en grosse pèlerine et godillots que lui à un jour offert un sapeur pompier forge vite son statut de « héros légendaire », de « juste ». Il a une très grande popularité en France, les enquêtes d’opinion qui la mesurent le placent souvent en tête, notamment celle annuelle du Journal du Dimanche. Il a demandé à être retiré de l’enquête. « C’est à la fois une arme et une croix », dit-t-il.

Encore ces dernières années, malgré la maladie et l’âge, il est descendu dans la rue pour soutenir la cause des pauvres. Il a soutenu l’association Droit au Logement (DAL).

Controverse

Lorsque son ami Roger Garaudy est traduit en justice pour négationnisme, en 1996, il lui apporte son soutien « à titre amical », et accompagne ce soutien de propos ambigus sur les Juifs et le judaïsme qui lui vaudront d’être exclu du comité d’honneur de la LICRA. L’abbé Pierre se démarquera ensuite des tentatives pour « nier, banaliser ou falsifier la Shoah », mais non du livre de Garaudy. Selon les termes du quotidien L’Humanité, « ce revirement tardif ne dissipe cependant pas le malaise » [3].

Rencontres internationales

L’Abbé Pierre a rencontré au cours de sa vie les papes Pie XI, Pie XII, Jean XXIII et à plusieurs reprises Jean-Paul II

Accidents et problèmes de santé

Il a été régulièrement malade, notamment des poumons quand il était jeune. Il s’est sorti indemne de situations dangereuses :

  • Tombé dans une profonde crevasse quand il aidait des gens à s’enfuir pendant la guerre.
  • Rescapé quand l’avion dans lequel il se trouve réussit un atterrissage d’urgence, sans réacteur, dans les années 1950 en Inde.
  • Et surtout, naufragé miraculé en 1963, au Rio de la Plata entre l’Argentine et l’Uruguay. Quatre-vingts personnes perdent la vie autour de lui, qui survit accroché à un bout de bois. Peu de temps après, lors de son voyage à Alger, il exhibait avec une sorte de joie pleine de gratitude un couteau suisse qui avait été déterminant pour lui en cette aventure. Il se montra plein de compassion pour les orphelins hébergés à l’école Lavigerie (Casbah) et demanda pour eux une aide particulière au cardinal archevêque d’Alger, monseigneur Duval.

Tous ces accidents vont participer à lui forger une image de miraculé.

Sa mort

L’abbé Pierre meurt le lundi 22 janvier 2007, tôt le matin (5 h 25 heure locale), à l’hôpital du Val de Grâce à Paris, des suites d’une infection pulmonaire. Il était âgé de 94 ans.

Il affirmait : « J’ai passé ma vie à prier Dieu pour mourir jeune. » Et il ajoute : « Vous voyez c’est raté ! »

Les réactions en France sont rapides. Un des désirs les plus profonds et un des moteurs de ses combats était d’être canonisé.

Le jour de sa mort, le président de la République française Jacques Chirac a salué la mémoire de l’abbé Pierre et a estimé qu’avec sa disparition « c’est la France entière qui est touchée au cœur ».

« Au mouvement Emmaüs et à la Fondation Abbé Pierre, à tous ses militants et bénévoles, le président de la République fait part de sa grande peine et l’expression de toute sa solidarité ».

L’ensemble de la classe politique française reconnaît le travail réalisé par l’abbé Pierre, notamment Dominique De Villepin, premier ministre qui saluait « l’homme de cœur et d’engagement ». Dans un communiqué publié par Matignon, le Premier ministre souligne que « l’abbé Pierre a été, toute sa vie durant, une force d’indignation capable de faire bouger les cœurs et les consciences » : « Défenseur du droit au logement, fondateur des communautés d’Emmaüs, il s’est consacré sans relâche à aider les plus pauvres à tracer leur chemin. L’abbé Pierre nous a montré la voie de la générosité individuelle et collective. Il manquera à tous les Français », conclut Dominique de Villepin.

De tous bords, les politiques ne tarissent d’éloges pour l’abbé Pierre. Ainsi, par exemple, Ségolène Royal — candidate socialiste à l’élection présidentielle française, déclare-t-elle au micro de la radio RTL que « Le long cri de colère de l’abbé Pierre contre la pauvreté ne doit pas s’éteindre », tandis que Nicolas Sarkozy, candidat UMP à la même élection déclarait, lui, dans un communiqué, que « avec la disparition de l’Abbé Pierre, le cœur de la France est en berne ».

L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing demande à ce que soient célébrées « des obsèques nationales » en l’honneur de l’Abbé Pierre. La présidence de la République se prononcera ce jour pour savoir si un « hommage national » ou un « deuil national » (la plus haute distinction française) sera rendu.

Ses obsèques se dérouleront en fin de semaine dans la plus stricte intimité dans le cimetière de la communauté d’Esteville en Seine-Maritime, c’est ce qu’a annoncé le président d’Emmaüs France.

Plusieurs personnalités politiques se prononcent déjà pour le transfert de sa tombe au Panthéon, en dépit de ce que voulait l’abbé dans son livre-testament et ses déclarations, conscient de son immense popularité et des responsabilités que lui imposait cette confiance.

Distinctions & Hommage

  • 14 juillet 2004 : élevé à la dignité de Grand’ Croix de la Légion d’honneur. Il est promu Grand officier de la Légion d’honneur en 1992 mais il refuse de la porter jusqu’en 2001 pour protester contre le refus de l’État français d’attribuer des logements vides à des SDF.
  • Croix de guerre 1939-1945 avec palmes
  • Médaille de la Résistance
  • Plusieurs décorations étrangères
  • Le samedi 17 septembre 2005, a été baptisée à Hédé en Ille-et-Vilaine, la première école à son nom.

Bibliographie

  • 1994 : Testament… - ISBN 2724281039
  • 2002 : Confessions - ISBN 2226130519
  • 2002 : Je voulais être marin, missionnaire ou brigand, rédigé avec Denis Lefèvre, ISBN 2749100151 ISBN 2290342211
  • 2004 : L’Abbé Pierre, la construction d’une légende, par Philippe Falcone, Golias, ISBN 2914475497
  • 2005 : Mon Dieu… pourquoi ? est un recueil de petites méditations sur la foi chrétienne et le sens de la vie il aborde également des sujets d’actualités comme le célibat des prêtres, l’ordination des femmes, le fanatisme religieux, le désir et le sexe, le mariage homosexuel. Il a été rédigé avec Frédéric Lenoir aux éditions Plon, ISBN 2259201407
  • 2005 Le CD, Testament… , ISBN 2227475323, pour fêter le 56e anniversaire de la Fondation d’Emmaüs. (réflexions personnelles, textes et paroles inspirées de la bible

Les droits d’auteur de ses livres vont permettre de terminer le chantier des 1 500 logements très sociaux qu’il avait appelé de ses vœux.

Filmographie biographique

  • 1955 : Les Chiffonniers d’Emmaüs de Robert Darène avec Pierre Mondy.
  • 1989 : Hiver 54, l’abbé Pierre de Denis Amar avec Lambert Wilson dans le rôle de L’Abbé Pierre.

Citations

  • « Il ne faut pas faire la guerre aux pauvres, mais à la pauvreté. »
  • « Sur ma tombe, à la place de fleurs et de couronnes, apportez-moi les listes de milliers de familles, de milliers de petits enfants auxquels vous aurez pu donner les clés d’un vrai logement. »

Voir aussi

  • Le mouvement international des Compagnons d’Emmaüs.
  • Fondation Abbé Pierre pour le logement des défavorisés.

Liens externes

Notes et références

  1. http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-29464777@7-40,0.html Le Monde annonce la mort de l’abbé Pierre.
  2. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/20070122.OBS7991/labbe_pierre_est_decedea_lage_de_94_ans.html Le Nouvel Obs annonce la mort de l’abbé Pierre
  3. « L’abbé Pierre exclu de la LICRA », L’Humanité, 2 mai 1996[1]

Source: wikipedia

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